Du BRM

Aller chercher un brin de muguet … pourquoi pas. Après tout on est le 1er mai, il fait très beau et il y a pas un pet de vent.

L’événement est la Route des Muguets, un BRM 200. BRM ? Brevet Randonneurs Mondiaux. Une festivité destinée à (je transforme un peu) << promouvoir l’usage du vélo >> et à << endurcir les randonneurs >>. 200 c’est la distance à parcourir. Il y a aussi les 300, 400, 600, 1000. Tout ça c’est juste une mise en bouche à côté du Graal du randonneur : le Paris > Brest > Paris (1200 kilomètres d’une traite).

200 kilomètres c’est précisément la distance journalière que je vise pour traverser la Suède l’été prochain. Cet objectif est calé sur mon expérience passée de pédalage, et tiré vers le haut par les récits de voyage des guerriers de la Transcontinental Race.

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Le trajet

0 > 100

Un gentil accompagnateur nous fait quitter la banlieue parisienne en toute non-galère. On discute. Je lui fais part de mon projet de faire Paris > Mont-Ventoux la semaine prochaine. Il me propose de voir après la course pour en discuter. N’osant pas le déranger j’ai un peu plus fouillé sur internet et ai fini par trouver une feuille de route et des traces GPS. Au cas ou les documents sont ici.

On ferme tranquillement la marche d’un groupe de 15 cyclos. Puis on arrive dans la campagne avec un brouillard à couper au couteau. Coach nous quitte au milieu de ce désert et nous souhaite bonne route. Ca donne une espèce de signal au mini-peloton qui se met à pédaler vigoureusement. Dès que ça grimpe ils me mettent un champ (pour les citadins, comprendre « boulevard »). Je les rattrape en descente et sur le plat. Bon … le ton est donné.

Le temps de réaliser ce qui se passe mon GPS choisit de se mettre en berne. La trace s’arrête net, comme – toutes proportions gardées – une corde qui est un peu trop courte pour le prochain rappel (Toni si tu nous entends). Ah. Ca pourrait devenir un peu tendu cette histoire. Si je talonne pas le groupe je me retrouve perdu en pleine campagne. A mon tour de pédaler vigoureusement, quitte à me mettre dans le rouge. Ah. << … endurcir les randonneurs … >>. Je commence à comprendre.

Une énième fois je les rattrape, de justesse. Mon point de repère est un string avec une étiquette rose fluo. Loin devant tout au bout de la montée si le point rose file à droite alors ça sera la prochaine direction à prendre.

C’est nouveau tout ça. Je constate juste que le kilomètre 100 est arrivée sans prévenir, et très rapidement.

Checkpoint. Pause. Ravito.

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100 > 210

Le brouillard se lève. Les idées se mettent en place . Le groupe éclate. Les plus rapides repartent les premiers. J’hésite à leur emboîter la roue mais je ne voudrais pas les forcer à ralentir s’il leur prenait l’envie de m’attendre après les montées.

Je trouve un compagnon de voyage pour la suite. On discute. On « cruise » tranquillement dans une belle campagne. Une campagne d’autant plus belle que l’on bénéficie de  conditions parfaites : grand beau temps pas trop chaud, pas de vent, personne sur les routes à part les marchands de muguet. C’est la détente absolue. Et définitivement le Pays de Bray est LA destination à vélo au départ de Paris. C’est beau, naturel, authentique et délicieusement vallonné.

200

Une bien belle balade.

En fait j’avais jamais roulé 200 kilomètres d’une seule traite. Mais bon je faisais des 150-160 kilomètres avec mon vélo d’expédition de 40 kilos (tous pleins faits) dans les toboggans norvégiens. Alors avec un vélo de route plutôt léger ya vraiment pas photo. On va dire que la barrière était surtout psychologique. Et bien c’est passé, presque comme une lettre à la poste.

Le trip jusqu’au Mont-Ventoux commence à se matérialiser. Un BRM 300 de nuit dans deux semaines me fait aussi de l’œil.

Allez on va dire un premier (tout(petit)) pas chez les cyclistes. Un grand merci à l’UVA pour cet événement.

La trace prélevée par le GPS est disponible ici.

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Merde j’ai oublié le muguet!