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La Zone Bleue

Voyages à vélo

Norvège nord – Jour 3

160 kilomètres, 1 petit tunnel, pas de vent (dont 7 kilomètres de ferry). Le tout pour 950 mètres de dénivelé positif. Le vent est plutôt favorable.

Au tout début de la journée j’ai franchement l’impression d’être au Groenland. Pas un chat, des oiseaux de mer, des vieilles cahutes sur le bord de la route côtière avec le skidoo et la mustang rouillée garés dans le jardin.

Un beau morceau de Lofoten pour ce troisième jour

Ce jour 3 j’en prends plein la vue. Jusqu’à présent il fait très beau. Pour la Norvège c’est quelque chose d’assez exceptionnel. La nature qui se bat d’habitude pour sortir une vague plante du sol – là – est en pleine effervescence. Disons qu’il y avait de la flotte. Maintenant il y a du soleil aussi.

Premier petit déjeuner. Suis accueilli par une gentille grand-mère qui me prépare un petit sandwich au saumon. Je n’ose pas lui dire que j’en mange vingt des comme ça pour avoir un peu moins faim. Mais l’accueil est sympatique et le café du matin est bienvenu. La dame tient une ferme et fait la peau à des animaux.

Ya plus de mêêê!

Et le voyage se poursuit dans la campagne.

Un bled

Il y a un truc en Norvège : on est au milieu d’Alpes miniatures. Seul le bout dépasse de l’eau. Donc on passe rapidement d’un paysage au suivant, au détour d’un virage, après une montée (dans les Alpes on bouffe une heure de col dans la pénombre pour voir une nouvelle scène). Avec un brin de soleil ça devient à couper le souffle.

Khéops

Les reliefs sont acérés. La lumière est à tomber par terre. C’est beau.

Bonjour on m’a dit qu’il y avait un Burger King dans le coin ? …

C’est tellement beau que ça paraît artificiel. Un délire photoshop grandeur nature.

… demandez donc au bowling, ils savent peut-être. Le Bowling.

J’avais presque oublié. Sur cette Eurovélo 1, pour relier Trömsö à Trondheim, il faut compter 15 ferries, 34 tunnels et une cinquantaine de ponts. Les bateaux c’est tranquille (sauf si on a peur des bateaux mais c’est pas mon cas). Les tunnels ça passe aussi pour la plupart sauf un qui descend 60 mètres sous la mer. Une montée forte en sensations avec un convoi de camions qui fait la queue derrière, le tout dans un bruit assourdissant.

Le plus sport c’est les ponts. De gigantesques ponts. Mais pourquoi si hauts ? Et pourquoi ça monte et ça descend si brusquement, à presque nécessiter un piolet pour pas glisser ? Eh bien c’est pour faire passer l’Hürtigrüten – le super bateau qui se fait tous les fjords.

L’Hurtigruten

A noter : les voitures sont très respectueuses. Il y en a plus dans les Löföten parce que c’est un peu touristique. Elles ne ralentissent pas mais elles font un grand écart en passant. A l’allemande. Pas de truc mi-figue mi-raisin à la française. La présence des vélos est globalement acceptée.

Après 160 bornes frénétiques à dévorer du paysage et du bitume je commence à cherche un coin où dormir. Pile au moment où le dernier ferry me parachute dans une dernière île isolée de tout. Toute minérale avec des gorges profondes. Impossible de bivouaquer à moins d’avoir un portaledge. Je passe dans un bled (3-4 maisons), aperçois une dame qui promène son chien, lui explique qu’il me suffit de fermer un œil pour dormir sur le coup. Elle appelle Erik qui loue à l’année et aujourd’hui c’est libre. On ramène ensemble le prix à celui d’une hytte de camping (+25%) … et je me retrouve dans un palace. Paysage à se damner, grand jardin, invitation d’Erik à pêcher dans le fjord au bout du jardin. Intérieur de la maison type viking moderne, en beau bois et images d’époque. Il y a mis en sien pour retaper cette maison après avoir quitté Oslo. Il revient dans son pays natal loin de tout. Je rêve de pouvoir revenir chez lui en hiver, et bien accompagné.

Je m’essaye à la pause longue pour obtenir le reflet de la montagne sur l’eau. En fin de journée pour repérer, puis à minuit 🙂

Reflet de la montagne, soleil de minuit

Reflet de la montagne, soleil de minuit (vue du jardin!)

Des coins comme ça je voudrais y rester 6 mois, 12 … plus ?

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Le Pays de Bray à vélo

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Le pays de Bray


Je revois cette journée en pays de Bray comme un songe. Rétrospective d’un trajet vécu en 2016.


Le projet


Réveil naturel à 04 AM. La météo annonce une température clémente, un vent puissant vers le nord, pas de pluie et quelques éclaircies. Donc billet de train aller pour Beauvais, billet retour de Dieppe, un bon livre dans les bagages et GO. Cet après-midi je suis au bord de la mer!


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The trajet


Le départ


Gare de Beauvais. Un petit réseau de pistes cyclables me fait sortir de la bourgade et me place sur l’avenue verte. C’est une fine bande de bitume déserte qui court pendant 35 bornes entre des rangées d’arbres. On arrive ensuite en plein cœur du pays de Bray : la piste s’ouvre sur de petites routes départementales boueuses et désertes pendant une trentaine de bornes, faisant franchir de beaux vallons. Puis retour de la bande de bitume jusqu’à Dieppe.


La soufflerie


Avec ce vent dantesque qui n’en finissait pas de me pousser au cul, j’ai enquillé le parcours en mode avion de chasse. Les (beaux) paysages défilaient comme depuis la vitre d’un train. Les arbres pliaient, les éoliennes tentaient de s’extraire du sol pour également profiter de ce beau voyage.


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De la campagne (avec un tracteur au premier plan)


Tout cela dans un isolement plus isolé que le périph. Les vallées sont très larges et – parfois – on aperçoit des voitures au loin sur une route à voitures. Entre midi et deux quelques promeneurs avec chien au bout de la laisse … à 2 mètres du sol (avec ce vent, ils promènent surtout un ballon). J’ai également croisé un groupe de cyclotouristes.


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Du ciel et de la campagne


Le pays de Bray


Question animaux, vu foultitude d’oiseaux luttant avec le vent, lapins, vaches, chevaux, moutons, chèvres et poules. On notera que plus on s’approche de la mer plus il y a de poules. Pareil, je ne sais pas s’il y a un lien technique, mais les maisons sont de plus en plus rouges au fil du trajet.


Pour avoir séjourné en Angleterre, j’avais vraiment l’impression d’être dans la campagne anglaise. Je crois que mon réchaud va servir à faire du thé lors de mes prochaines escapades.


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Du ciel


Et au bout de la soufflerie la mer. Bien agitée, verte, iodée, belle. Je me pose sur la plage de galets et me laisse bercer par le spectacle.


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Dieppe

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