Journée de transition entre Tuttlingen et Schaffhausen (les chutes du Rhin, Rhin de Rhin).
Danube : fait. Allemagne : fait. On passe au Rhin et à la Suisse. Hier à Tuttlingen nous étions à une trentaine de bornes des sources du Danube. Je ne saurais expliquer le processus de décision qui a conduit à ne pas pousser le chemin jusqu’aux sources, et à tracer prématurément vers le sud direction le Lac de Constance. Et on imagine les débats houleux au sein de l’Amicale des Amis du Vélo le Long des Fleuves en Europe. << Oui mais si le chemin fait des Z à tout bout de champ autant se mettre à la voile. Et en plus le chemin est pourri sur le dernier segment jusqu’aux sources. Je pense qu’on va voter : vous préférez un super chemin ou un tracé qui ressemble à ta mère en short ? >>

La bifurcation de Tuttlingen pour passer du Danube au Rhin
La première partie du voyage se fait en moyenne montagne, du style Vosges. Ça monte à 900 mètres. D’ailleurs hier, imperceptiblement, pour chaque montée de 30 mètres il y avait 29 mètres de descente. Tuttlingen est perchée à 700 mètres. Un dédale de monts et de forêts pendant une quarantaine de kilomètres.

Vas-y Poupi, ramène nous un cerf
Les ballons du coin sont un peu dégonflés et dessinent un paysage agréable à parcourir, avec des descentes à fond et champ de vision ultra large.

Iceberg capitaine!
Encore une fois je précise que le coin est exempt de voitures. De tout d’ailleurs. C’est que des fermes.

Cap au sud
La seule trace de civilisation est un golf. Les éleveurs étaient à la traite. Et bien sûr les cyclotouristes. C’est l’autoroute cette Eurovélo 6, la plus prisée, la mieux aménagée en Europe.

Un golfeur
En pratique il y a peu de voyageurs avec les quatre sacoches et la tente. Mais tous ont deux sacoches à l’arrière.

On aurait pourtant dit des chevals. Sur les sites de photo, si on parvient à obtenir un vague regard intéressé de ces bêtes on gagne direct 150 likes. C’est pas faute d’avoir essayé. Ils m’ont complètement zappé. Mais l’herbe fraîche avait l’air super bonne. Je comprends.
Puis après tout plein de descentes, on se stabilise sur un plateau à 400 mètres au dessus du niveau de la mer.

Je vais me le faire ce nuage!
Arrivé au lac de Constance, cap de nouveau à l’Ouest.

Le passage de l’Allemagne à la Suisse après le Lac de Konstanz
Et on longe le lac pendant un bon paquet de bornes jusqu’à ce qu’il reprenne l’allure d’un fleuve : le Rhin renaît, avec sa couleur verte transparente bien caractéristique. C’était le même rencontré l’année précédente, reconnaissable entre milles. A la montagne c’était un nouveau né. Ici il est bien balaise.

Le lac de Konstanz
Arrivé à Schaffhausen, j’ai poussé quelques kilomètres pour voir ces fameuses chutes du Rhin. Sur place c’était la foire du trône. C’est-à-dire sur 100m2 plus de monde que j’en ai vu en 5 jours. Et la vue sur les chutes est imprenable (impossible). Donc retour. Je les croiserai peut-être demain matin sur la voie normale ces chutes de Reins, sinon tant pis.
93 kilomètres aujourd’hui (le record des 5 premiers jours, vers le bas), pour 900 mètres d’ascension (le record vers le haut).

Et maintenant un repos bien mérité